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Nucléaire : un projet controversé impliquant la Russie et la France n'a pas pu être bloqué en Allemagne, faute de sanctions européennes
information fournie par Boursorama avec Media Services 22/07/2026 à 16:07
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Vladimir Poutine à Toula le 4 avril 2023. ( SPUTNIK / RAMIL SITDIKOV )

Vladimir Poutine à Toula le 4 avril 2023. ( SPUTNIK / RAMIL SITDIKOV )

Le projet doit être mené dans une usine à Lingen, près de la frontière avec les Pays-Bas, et suppose la venue d'experts et d'équipements russes, nourrissant des craintes sur le plan de la sécurité nationale.

Un projet controversé, du fait de l'implication de la Russie, mais validé, faute de sanctions de l'Union européenne visant également le secteur nucléaire russe. Ce mercredi 22 juillet, la région allemande de Basse-Saxe (nord-ouest) a autorisé la production par ANF, filiale de l'entreprise française Framatome, de combustible nucléaire en coopération avec le groupe étatique russe Rosatom.

L'Etat russe est accusé par le gouvernement allemand de lui mener une "guerre hybride" impliquant espionnage, sabotage d'infrastructures et désinformation. Autoriser Moscou à s'impliquer dans un projet de combustible nucléaire en territoire allemand a soulevé dès lors de nombreuses critiques, mais les autorités allemandes ont indiqué ne pas pouvoir l'interdire faute de sanctions européennes. "Les décisions relatives aux demandes d'autorisation sont prises dans le strict respect du droit. Lorsque toutes les conditions requises sont réunies et que les risques identifiés peuvent être suffisamment maîtrisés grâce à des mesures adaptées et aux prescriptions imposées par les autorités, celles-ci sont tenues de délivrer l'autorisation", a dit le ministère fédéral de l'Environnement dans un communiqué.

La production de combustible doit avoir lieu dans une usine à Lingen, près de la frontière avec les Pays-Bas, et suppose la venue d'experts et d'équipements russes, nourrissant des craintes sur le plan de la sécurité nationale.

Un "signal désastreux pour l'objectif d'indépendance énergétique de l'Europe"

Le ministère a souligné dans son communiqué que "si de nouveaux risques venaient à être identifiés", notamment "en matière de sécurité nationale", l'autorisation pourrait être réétudiée. Il note avoir "émis des réserves" car "l'État russe mène en Europe une guerre d'agression contraire au droit international et considère l'Union européenne, et l'Allemagne en particulier, comme des adversaires". Mais il affirme aussi ne pas pouvoir du point de vue du droit bloquer le projet, jugeant qu'il faudrait "des sanctions à l'échelle de l'Union européenne visant également le secteur nucléaire" russe.

Chargé de ce dossier depuis mars 2022, le ministre de l'Environnement du Land de Basse-Saxe, Christian Meyer a expliqué dans un communiqué être dans l'obligation de donner l'autorisation notamment parce que le gouvernement fédéral avait souligné "l'absence de base juridique permettant de [la] refuser". "J'ai toujours affirmé que (...) une coopération étroite avec le groupe nucléaire de [Vladimir] Poutine était fondamentalement erronée. Il faudrait réduire, et non accroître, les dépendances envers la Russie", a-t-il dit, dénonçant un "signal désastreux pour l'objectif d'indépendance énergétique de l'Europe".

Les Européens ont jusqu'ici toujours maintenu leur coopération avec la Russie dans le nucléaire civil, faute d'alternative

Dans son communiqué, Christian Meyer insiste néanmoins sur les mesures de sécurité qui ont été prises pour limiter le risque d'espionnage ou de sabotage à Lingen. Selon lui, les employés de TVEL, filiale de Rosatom impliquée dans le projet, ne pourront accéder au site que dans des "cas exceptionnels étroitement limités, et toujours accompagnés". Les équipements et logiciels russes devront faire l'objet d'audits externes et devront rester séparés du reste des installations. Le combustible à base de gadolinium importé de Russie fera aussi l'objet d'analyses poussées. Les employés du groupe français ANF (Advanced Nuclear Fuels) devront suivre des formations régulières sur ces mêmes risques sécuritaires. ANF avait demandé en mars 2022, juste après l'invasion russe de l'Ukraine, l'autorisation de produire à Lingen, avec Rosatom, des combustibles nucléaires de type russe compatibles avec les réacteurs des centrales d'Europe centrale et de l'Est, de conception soviétique ou russe.

Depuis l'invasion, les Européens ont adopté des sanctions contre la Russie sur les importations de pétrole et de gaz, mais ils ont jusqu'ici toujours maintenu leur coopération avec la Russie dans le nucléaire civil, faute d'alternative. En outre, la Russie, grâce à ses réserves et ses intérêts dans d'anciens pays soviétiques comme le Kazakhstan, contrôle aussi une large part de l'approvisionnement mondial en uranium. La France, via la filiale d'EDF Framatome, entretient également des liens étroits avec Rosatom et donc la Russie.

8 commentaires

  • 19:04

    homlib, c'est les russes qui sont en Ukraine et pas l'inverse. A priori, la légitime défense se fait chez soi, pas chez les autres. Et l'article 51 stipule qu'il faut que l'agression soit armée.
    1 - il va falloir démontrer qu'il y a eu agression envers la Russie
    2 - il va falloir démontrer que cette agression était armée

    On parle des crimes de guerre de "légitime défense" des russes ? Boutcha, viols, déportation d'enfants, tout ça tout ça...


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